13 mars 2012

Nouveau départ...

Sans-titre-1.jpgUn an et demi après mon dernier voyage en Egypte notamment, et une fin inattendue aux Seychelles, me voilà à nouveau sur le départ. Après une "année sabbatique" à travailler sur Lyon, je retourne donc aux affaires avec la traversée de l'Atlantique Nord au départ des Canaries et à destination de Trinidad (Antilles). La traversée est prévue pour début avril sur un ketch en acier de 15 mètres environ avec un équipage de quatre personnes. Par la suite, quatre possibilités s'offrent à moi : au Nord, au Sud, à l'Est ou à l'Ouest. Quatre possibilités envisageables et envisagées...

 

COUVERTURE.jpgParallèlement à ce voyage, j'ai mis à profit ces derniers mois afin de sortir un livre de mes précédentes sorties. Si vous êtes intéressés par ce "carnet de voyages" de 300 pages (+ 16 pages de photos), vous pouvez d'ores et déjà le commander ou obtenir plus de renseignements en écrivant à cette adresse là : livre.carpediem@yahoo.fr

 

Sur ce, je vous dis à bientôt et vous souhaite une bonne année 2012 !!!

17 octobre 2010

15/10 - Les Seychelles, ou l'envers du décor...

C'est l'histoire vraie d'un gars qui s'était dit, "Les Seychelles c'est le séjour carte postale". Il décida alors de quitter l'Egypte, après plus de 2 mois passés là-bas, pour rallier les îles paradisiaques de l'Océan Indien. Après une nuit passée dans l'avion, avec deux escales au Soudan et au Kenya, le voilà qu'il pose le pieds sur l'île de Mahé vers 13h00. Et pour lui c'est à ce moment que le calvaire commença. Une histoire à dormir debout. Il lui faut justifier pour rentrer sur le territoire d'un billet (avion) de continuation et d'une adresse (hôtel par ex.). Il veut prendre un bateau pour quitter l'île, alors bien évidemment il n'a pas de billet d'avion! Quant aux hôtels, c'est pas ce qui manque sur l'île, donc il improvisera comme il le fait depuis quelques temps maintenant. Mais les services de l'immigration ne l'entendent pas du tout de cette oreille, sont bornés et le petit gars aussi... On l'oblige à prendre un billet pour La Réunion, là où il veut se rendre par la suite. On l'oblige aussi à réserver un hôtel durant cette période. On l'a même obligé à retirer de l'argent pour bien vérifier si la carte de crédit qu'il a en sa possession n'est pas une carte en carton! Le petit gars ne refuse pas ces possibilités. Cependant, il demande, avant de faire son choix, à contacter son ambassade présente sur l'île. L'immigration lui refuse ce droit là et s'en suit un dialogue de sourd au beau milieu de l'aéroport, désert depuis un long moment, entouré d'une bonne dizaine d'agents en toutes sortes, intrigués par ce "passager clandestin". Bref, le petit gars commence à en avoir vraiment marre de tout ce cinéma et finit par signer un foutu papier en 8 exemplaires stipulant, en anglais, qu'il n'a pas assez de ressources financières pour subsister à ces besoins (c'est du moins ce qu'il comprendra un peu plus tard...). Finalement il se rendra compte un peu plus tard, après un passage au bureau des narcotiques, qu'il venait de signer son séjour en prison!!!

Au centre de police ce n'est pas officiellement une prison, c'est un cachot, un lieu de détention "provisoire", mais c'est pire que la prison! Un couloir d'une quarantaine de mètres de long, de part et d'autres des cellules de 9m2, au fond des "toilettes" si on peut appeler çà comme çà... Cà pue la crasse, la pisse, etc, etc... Les cellules? Des barreaux, des cadenas, les murs et le sol. C'est tout! Un sol dur, dégueulasse, immonde... Deux compagnons de cellule, des histoires de drogue, de vol et même de "meurtre"... Je passe là les heures les plus longues de toute ma vie... à attendre un contact avec mon ambassade... qui ne sera prévenue finalement que vers 21h. Cà fait 7 heures que je demande à les voir, mais les policiers ont tout fait pour retarder l'échéance... et me "permettre" de passer une nuit en taule! Cà a l'air de bien les faire marrer, tous ces ..."bip"... Ils n'entendent que ce qu'ils veulent bien entendre, sont copains-copains avec les détenus, sont tous corrompus...

Peu après 21h, je vois donc enfin arriver une personne de l'ambassade de France, le sous-consul plus exactement. Je commençais à perdre patience... Je lui expose ma version des faits. Très gentil, très compréhensif, il comprend ma situation, il est là pour me sortir d'affaires. Par contre il ne peut rien faire avant le lendemain matin (tout est fermé à cette heure-ci...) et ne fera donc appel à la décision de me garder en cellule 3 jours et 3 nuits et de m'expulser ensuite par avion pour le Kenya (là d'où je viens, du moins ma dernière escale) qu'à ce moment là. Commence alors une très très longue nuit, interminable... Assis, debout, je tourne en rond, et fini par me résoudre à m'allonger tel un chien à terre pour faire un semblant de somme. Avec seulement une bouteille d'eau et mes affaires de rechange pour éviter tout contact avec ce sol puant! Chaque minutes paraissent des heures, chaque heures, une éternité...

Ce n'est que vers midi, le lendemain, alors que je deviens de plus en plus fou et impatient, que je revois le sous-consul. Il m'apporte de bonnes nouvelles mais j'ai bien peur de rester encore au moins jusqu'à ce soir! Il fait tout pour me sortir de là au plus vite, mais l'administration, ici, c'est pas vraiment le paradis... Je le reverrai encore deux fois dans la journée avant de quitter définitivement les lieux. Délivrance!!! Pour ce faire, il aura fallu vérifier auprès de ma banque l'existence réelle de fonds sur mon compte, acheter un billet de retour pour la France et que je mette par écrit mes desiderata pour un éventuel séjour ici...

24 heures derrière les barreaux, dans des conditions épouvantables, traité comme de la ..."bip"..., et je décide de rentrer directement en France par le premier vol du lendemain matin. Ce soir, c'est à l'hôtel que je reprends mes esprits, me décrasse avec 2 douches prises, et me repose... Un grand Merci à l'ambassade de France et à son sous-consul de m'avoir sorti de cette situation.

Voilà, c'était l'histoire vraie d'un gars qui n'aura vu des Seychelles que l'envers de la carte postale...

13 octobre 2010

13/10 - Safaga/Hurghada/Le Caire

Fini la marche, j'aimerai maintenant trouver un bateau pour rejoindre quelques petites iles proches de Madagascar dans l'Ocean Indien. Les Seychelles, La Reunion, l'Ile Maurice, voila de quoi m'occuper pour un moment...

J'ai quitte Assouan et la Haute-Egypte il y a 3 jours, en bus, pour rallier Safaga. Apres 10h d'un trajet plutot inconfortable, me voila sur le littoral de la Mer Rouge. Mis a part un ferry qui fait regulierement la navette avec l'Arabie Saoudite, il n' y a rien d'autre. Et puis pour obtenir un visa saoudien, ca m'a l'air tres complique... Bref, le jour d'apres je file a Hurghada, ville touristique situee une soixantaine de kms plus au nord.

J'y suis agreablement surpris d'y trouver une marina, tres recente, et donc quelques plaisanciers. Je fais le tour des voiliers histoire de savoir qui part quand et dans quelle direction. Je parle anglais avec des italiens qui restent sur zone. Egalement avec un suedois qui revient justement du Sud mais qui a quelques soucis avec son bateau. Aussi avec des japonais qui viennent d'arriver de Mediterranee et qui passeront peut etre l'hiver ici avant de terminer leur tour du Monde. Et je parle francais avec un belge qui m'offrira une bonne biere fraiche! Il m'aurait bien accueilli a bord de son catamaran mais il doit rentrer des le lendemain en Belgique. Tant pis! Puis il y a ce couple de francais, et leurs 2 enfants, parti pour un tour du Monde a l'envers. Parti pour rester ici quelques temps avant de rejoindre Madagascar dans plusieurs mois. Beaucoup de rencontres tres interressantes mais rien de concret...

Apres une matinee a chercher a droite a gauche, a demander a l'un ou a l'autre, je me rends compte qu'ici ou ailleurs, j'aurai du mal a trouver quelque chose... Alors en debut de soiree je me decide de prendre un avion qui partira du Caire et atterrira aux Seychelles. Aussi ce matin j'ai rencontre a la marina MJ, suisse d'origine, vivant ici depuis quelques temps, et qui m'a spontanement propose de m'heberger chez elle. Merci a toi et bonne continuation...

Me voila de retour au Caire depuis hier soir, apres encore un trajet en bus assez long (9h). Et puis en recuperant mon sac a dos en soute, j'ai la tres mauvaise surprise de trouver une des poches ouvertes! Je me suis fait voler mon appareil photo! Vivement que je quitte ce pays... Heureusement je retrouve au foyer d'Heliopolis, les soeurs, le personnel et les vieillards que j'ai cotoyes il y a un peu plus d'un mois et avec lesquels j'oublie quelque peu mes derniers tracas...

Demain je pose le pied aux Seychelle...

09 octobre 2010

09/10 - Voila, c'est fini!!! - 37e j., Assouan (909kms)

PA092261.JPGToute la matinee a marcher dans Assouan, le long de la corniche et puis a filer vers ce fameux barrage. Le Haut-Barrage, long de 3600m, vise a proteger l'Egypte des crues du Nil et regularise par ailleurs l'irrigation et produit l'energie electrique pour tout le pays. Une fois le Petit-Barrage franchi, et vu au loin le plus grand, je decide d'aller le voir de plus pres. Mais quelques kms plus loin je fais demi-tour et prends une voiture. J'en ai vraiment assez de marcher!!! Car je suis arrive hier a Assouan et c'etait bien la l'objectif final.

De retour en ville j'en profite pour me renseigner sur les bus qui partent pour Safaga, ma future destination. Il y en a un qui demarre a 6h00 demain matin, je prendrai celui-la. Du long de la corniche je peux apprecier le joli decor ou se melent le sable du desert aux roches de granit, autour des iles d'emeraude couvertes de palmiers et de plantes exotiques. Et toutes ces felouques qui vont et qui viennent et qui permettent aux touristes d'aller d'ile en ile. La plus importante d'entres elles, l'ile Elephantine, constituait l'une des plus fortes forteresses sur les frontieres sud de l'Egypte.

PA092263.JPG

PA092264.JPGJe passerai la derniere nuit a Assouan au sein d'un complexe hospitalier appartenant a l'eglise evangelique, ou bon nombre de personnes y travaillant est d'origine germanique. Tout comme le sont le pasteur, qui parle tres bien francais, et sa femme, qui m'accueillent dans leur foyer.

Pour finir, je tiens a remercier toutes les personnes qui m'ont permis, jour apres jour, de faire ce voyage et d'atteindre mon objectif. Demain debute un nouveau jour et encore je l'espere un nouveau voyage.

A suivre...

شكرا (Chokrane!!!, merci!!!)

08/10 - Comment j'ai fini par craquer... - 36e j., Assouan (896kms)

Je n'avais pas prevu ce scenario. Et pourtant tous les jours en Egypte il faut s'attendre  a des changements de programme. Mais quand ca ne depend pas de vous, c'est d'autant plus rageant...

A l'heure ou j'ecris ces quelques lignes, je suis arrive au terme de mon petit periple. J'ai franchi la ligne d'arrivee peu avant 18h, je suis entre dans Assouan pour le coucher du soleil. Je me suis precipite vers la corniche pour profiter de ce moment. Le Nil, les felouques, la montagne, et le ciel qui prend feu...

Je n'avais donc pas imagine mon arrivee comme cela. Tout au long de la journee, j'ai pense arriver le lendemain au petit matin, au moment des premiers rayons du soleil, afin de profiter au maximum de mon dernier jour. Mais voila...

PA082247.JPGTout avait bien commence. Au sortir de Kom-Ombo, la police m'emmene voir le Temple de la ville qui se dresse au sommet d'un petit monticule dominant le Nil. Ce temple, erige a l'epoque greco-romaine, et dedie aux deux divinites Sobek et Haroeris, est celebre pour la representation d'un groupe d'instruments de chirurgie.

PA082252.JPGEt puis la journee passe, les kilometres defilent, les policiers aussi... Et je tombe malheureusement sur une equipe "d'abrutis". Je m'etais "reconcilie" plus ou moins avec eux, mais la, de nouveau, c'est la guerre, la guerre froide. Alors, au moment de m'arreter a quelques kms d'Assouan dans un petit village en vue d'y passer la nuit, c'est la panique a tous les etages. Un brave citoyen m'avait offert quelques bricoles a manger et m'avait trouve une place, en contrebas de la route, dans un petit coin de "verdure", ou je pouvais poser mon hamac. Mais la police a fini par me retrouver. Un discours de sourd s'installe alors pendant pres d'une heure. Je ne reponds plus de rien. J'ai le capitaine au bout du fil qui m'explique que son bouot c'est de me proteger, que je ne peux pas rester ici, bla-bla-ba, bla-bla-bla... Et puis je finis par craquer (j'etais a deux doigts de "baffer" l'un d'entre eux, desagreable qu'il etait), reprends mon sac a dos et m'en vais vers Assouan.

PA082257.JPG

Finalement je me fais une raison. Et de voir Assouan, soleil couchant, me redonne le moral. Physiquement je suis bien, malgre les 46kms aujourd'hui. J'arrive a l'eglise catholique de la ville, je me dirige vers l'une des personnes que je vois dans la cour, il s'agit de l'un des peres, je commence a lui expliquer mon histoire, mais l'emotion est trop forte et je fonds en larmes devant lui. Des larmes de joie, de soulagement, d'epuisement... Il me faut quelques temps pour reprendre mes esprits et la conversation. J'ai ete bien compris par Jean, cet americain d'origine qui est reste sur ce banc avec moi pendant ces minutes. Il m'a offert une boisson rafraichissante et avons discute un moment. Il m'avait vu sur la route hier, et je le remercie ce soir de m'avoir epaule. Quant au pere, italien d'origine, il m'offrira une chambre a l'hotel et de quoi me restaurer un peu. Merci a vous deux...